UNIVERSALISME UNITARIEN Histoire

UNIVERSALISME UNITARIEN    Histoire

UUisme : Universalisme Unitarien

 

L'Universalisme Unitarien (traduction littérale de l'anglais Unitarian Universalism) ou Universalisme-Unitarianisme ou UUisme est la religion libérale qui prône la recherche libre et responsable de la vérité et de la quête de sens.

 

L'UUisme est marqué par le pluralisme et le syncrétisme. L'UUisme dépasse les frontières des religions, cultures et civilisations. 

 

Sans partager un credo, les Universalistes Unitariens (UU) sont unis par leur besoin de croissance spirituelle.

 

La majorité des Universalistes Unitariens sont favorables aux libertés civiles, dont la liberté de parole, de pensée, de croyance et de disposition. Des membres professent l'athéisme, l'agnosticisme, le déisme ou le panthéisme. Cette large diversité a donné lieu à des polémiques à savoir si les UU étaient une religion ou un regroupement autour de principes moraux. L'UUisme est officiellement reconnu comme religion.

 

 

 

 

Universalisme

 

L'universalisme considère que le salut est universel : tous peuvent être sauvés.

 

 

 

 

Unitarianisme

 

L'unitarianisme considère que le Divin est un : il est un pour tous.

 

 

 

 

 

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Histoire

 

Le point de vue qualifié d' "unitarien" date du médecin espagnol Michel Servet (1511-1553). À cette époque, les juifs et les musulmans d'Espagne sont rejetés car ils nient la Trinité. Selon la théorie de la Trinité, Dieu serait trois personnes : Père, Fils et Saint-Esprit. Michel Servet découvre qu'aucun passage du texte grec du Nouveau Testament ne justifie la Trinité. Il publie deux ouvrages encourageant les chrétiens à conformer leur notion de Dieu au monothéisme. De là provient le mot "unitarien" signifiant que Dieu est un.

 

 

 

 

Humanisme

 

Vers 1550, un mouvement de réforme apparaît en Italie. Il fait appel à l'humanisme, au catholicisme d'Erasme et au protestantisme. Il est dirigé notamment par Jean de Valdes et Bernardin Ochin. Chassé d'Italie par la persécution, ce mouvement diffuse ailleurs ses idées ainsi que celles de Michel Servet.

 

 

 

 

Université libre

 

Un Italien, du nom de Fauste Socin, part vivre chez les Frères polonais, un mouvement de réformistes qui tente, à Cracovie, de mettre sur pied une communauté. C'est à partir de Cracovie qu'une université libre, où règne la liberté religieuse (innovation sans précédent à cette époque) et une maison d'édition diffusent à travers l'Europe les idées unitariennes, notamment avec l'appui d'Isaac Newton et de John Locke.

 

Vers 1560, l'unitarianisme s'enracine en Transylvanie et en Hongrie.

 

En 1568, Jean Sigismund de Transylvanie, seul monarque unitarien de l’histoire, proclame le Décret de Tolérance, première déclaration du monde occidental à consacrer les libertés en matière de religion. C’est à Kolozsvàr (Cluj), petite ville de Transylvanie, qu’on peut trouver la plus vielle église unitarienne au monde. Celle-ci quitte les rangs de l’église officielle, sous l’impulsion du réformateur Francis David en 1568.

 

Dès 1600, on compte plus de 400 églises unitariennes dans cette région de l’Europe.

 

En 1659, les persécutions accrues chassent les Frères polonais de leur propre pays. Il se rendent aux Pays-Bas ou se joignent aux unitariens de la Transylvanie.

 

Après 1750, des congrégations unitariennes s'établissent en Pologne par les sociniens. 

 

 

 

 

Siècle des Lumières

 

Voltaire séjourne en Angleterre pendant deux ans et introduit en France vers 1720 les idées sociniennes dans ses « Lettres sur la nation anglaise » qui donnent lieu à de nombreux débats. C'est là, en France, le début du Siècle des Lumières.

 

 

 

 

Angleterre

 

Le développement au grand jour de l'unitarianisme est plus lent en Angleterre où, pendant des siècles, le fait de professer des idées unitariennes est un crime. Jusqu'en 1828, les unitariens y sont exclus des fonctions de l'État. A la longue, la plupart des presbytériens anglais deviennent unitariens en conservant, au cours de cette évolution progressive, leurs biens et leurs organisations. En 1825 ils forment avec les membres d'autres confessions la British Unitarian Association. La plupart des presbytériens que nous connaissons de nos jours sont d'origine écossaise.

 

 

 

 

Amérique

 

En 1793, l'universalisme devient une religion à part entière aux États-Unis (Universalist Church of America).

 

L'unitarianisme arrive aussi en Amérique. Thomas Jefferson, Benjamin Franklin et John Adams, chefs de la révolution américaine, sont unitariens. Ils séjournent tous trois en France à l'occasion de missions diplomatiques, y faisant connaissance des porte-parole du Siècle des Lumières.

 

Au cours des années 1820, arrivent au Canada des unitariens en provenance d'Angleterre, d'Irlande du Nord et de Nouvelle-Angleterre.

 

Aux Etats-Unis en Nouvelle-Angleterre, l'unitarianisme s'enracine dans la branche libérale de l'église congrégationnelle. En 1825, cette branche forme la American Unitarian Association.

 

L'Église unitarienne de Montréal est fondée en 1842. La Première église unitarienne de Toronto date de 1845.

 

 

 

 

Universalisme Unitarien

 

Les unitariens et les universalistes des Etats Unis d'Amérique se rapprochent. En 1961, la American Unitarian Association et la Universalist Church of America fusionnent. Elles forment la Unitarian Universalist Association, UUA.

 

 

 

 

La déclaration d'origine des buts et principes de l'UUA de 1961

 

En accord à ses buts, les membres de l'UUA, dévoués aux principes d'une foi libre, s'unissent pour :

 

1. se renforcer mutuellement dans une recherche libre et disciplinée de la vérité comme fondement de notre fraternité religieuse

 

2. chérir et répandre les vérités universelles enseignées par les grands prophètes et les enseignants de l'humanité de toutes les époques et de toutes les traditions, résumées dans l'héritage judéo-chrétien, que sont l'amour de Dieu et l'amour pour l'homme

 

3. affirmer, défendre et promouvoir la valeur suprême de toute personne humaine, la dignité de l'homme, et l'utilisation de la méthode démocratique dans les relations humaines

 

4. mettre en œuvre notre vision d'un monde en luttant pour une communauté mondiale fondée sur les idéaux de fraternité, de justice et de paix

 

5. répondre aux besoins des églises membres et des fraternités, d'organiser de nouvelles églises et les fraternités, et étendre et renforcer la religion libérale

 

6. encourager la coopération avec les hommes de bonne volonté dans tous les pays.

 

 

 

 

Les sept principes de 1985

 

Les congrégations unitariennes-universalistes affirment et promeuvent sept principes :

 

1. la valeur et la dignité intrinsèques de toute personne

 

2. la justice, l'équité et la compassion comme fondements des relations humaines

 

3. l’acceptation mutuelle et l’encouragement à la croissance spirituelle au sein de nos assemblées

 

4. la liberté et la responsabilité de chaque personne dans sa recherche de la vérité, du sens de la vie et de la signification des choses

 

5. la liberté de conscience et le recours au processus démocratique aussi bien dans l’ensemble de la société qu’au sein de nos assemblées

 

6. l'aspiration à une humanité où régneront la paix, la liberté et la justice pour tous

 

7. le respect du caractère interdépendant de toutes les formes d’existence qui constituent une trame dont nous faisons partie.

 

 

 

 

Les cinq sources de 1985 et la sixième source de 1994

 

L'unitarisme-universalisme puise des sources diverses :

 

1. l’expérience directe du merveilleux et transcendant mystère, universellement reconnu, qui suscite un renouveau de l’âme et une attitude réceptive envers les forces qui sont à l’origine de la vie et veillent à son épanouissement

 

2. les paroles et les actions de visionnaires, hommes et femmes, qui nous incitent à miser sur la justice, la compassion et le pouvoir de transformation de l'amour pour affronter le mal sous toutes ses formes

 

3. la part de sagesse de toutes les religions qui est, pour nous, une source d’inspiration morale et spirituelle

 

4. les enseignements du christianisme et du judaïsme qui nous convient à aimer notre prochain comme nous-mêmes en reconnaissance de l'amour que Dieu nous manifeste

 

5. le message humaniste qui nous invite à utiliser notre raisonnement et à prendre en considération les résultats de la science, et qui met en garde notre âme et notre esprit contre toute forme d’endoctrinement et de fanatisme religieux

 

6. les enseignements spirituels des traditions qui célèbrent le cycle sacré de la vie, nous invitant à vivre en harmonie avec les rythmes de la nature.

 

 

 

 

 

 

 

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